Quel est pour vous le comble de la misère ?
Le comble de la misère, c'est d'être plein de soi au point de n'avoir plus de place pour l'imprévu?

Où aimeriez-vous vivre ?
J'aimerais vivre dans un hôtel dont j'aurais oublié le numéro de la chambre, pour avoir le plaisir de me chercher toute la nuit.

Votre idéal de bonheur?
Mon idéal de bonheur, c'est de n'être plus personne, mais de l'être avec une élégance parfaite.

Pour quelles fautes avez-vous le plus d'indulgence ?
Les fautes de distraction.

Votre musicien favori ?
Jean-Sébastien Bach pour l'ordre divin qui console de mon propre désordre.

Votre peintre favori ?
Chardin, pour la dignité d'une raie suspendue ou d'un gobelet d'argent. Il peint le silence qui entoure les choses.

Votre qualité préférée chez un homme ?
Le talent de ne pas s'ennuyer avec soi-même, ce qui est la forme la plus haute de la politesse.

Et chez la femme ?
L'indulgence pour mes silences et le gout de rire de ce qui n'est pas drôle.

Votre vertu préférée ?
L'inattention, parce qu'elle est la seule façon de laisser la porte ouvert au miracle.

Votre occupation préférée ?
Regarder passer le temps en attendant qu'il m'oublie.

Le principal trait de votre caractère ?
C'est une espèce de stupeur devant l'évidence. Je m'étonne que les choses soient là plutôt que pas là.

Qui auriez-vous aimé être ?
Personne d'autre. Ou un chat de gouttière.

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ?
Leur silence et leur capacité à ne pas me demander e que je pense.

Votre principal défaut ?

Je ne sais jamais si je suis là où si je viens de partir. Mon défaut est de ne pas avoir de centre.

Votre rêve de bonheur ?
Ne plus être là tout en y étant encore.

Quel serait votre plus grand malheur ?
De ne plus rien attendre.

La couleur que vous préférez ?
Le gris-bleu, parce que c'est la couleur de l'entre-deux, celle du ciel juste avant qu'il ne décide s'il va pleuvoir ou faire beau.

La fleur que vous aimez ?
La fleur de pissenlit parce qu'on souffle dessus qu'il ne reste rien, c'est l'image de la conversation humaine.

L'oiseau que vous préférez ?
Le hibou, pur son regard fixe qui semble s'étonner de tout sans jamais juger personne. Et parce qu'il vit pendant que les autres dorment.

Vos auteurs favoris en prose ?

Samuel Beckett et La Fontaine.

Vos poètes préférés ?
La Fontaine, parce qu'il fait parler les bêtes pour ne pas avoir à dire trop de bêtises sur les hommes. Et pour sa musique qui ne pèse jamais.

Vos héroïnes dans la vie réelle ?
Les héroïnes sont elles qui supportent nos absences, nos lubies et nos silences avec une sorte de gaieté mystérieuse.

Mes héros dans la vie réelle ?

Mon héros, c'est l'homme qui s'arrête au milieu d'un trottoir encombre parce qu'il vient de s'apercevoir que le ciel est bleu, et qui ne s'excuse pas de gêner le passage.

Mes héroïnes dans l'histoire ?
Sainte Thérèse d'Avila, Jeanne d'Arc, les reines déchues comme Marie-Antoinette.

Mes héros dans l'histoire ?
Les savants qui cherchent ce qui n'existent pas.

Ce que vous détestez par dessus tout ?

Je déteste par-dessus tout les gens qui savent où ils vont. C'est un manque de politesse envers le hasard.

Le fait militaire que vous admirez le plus ?
La retraite, car c'est le seul moment où une armée ressemble à une idée qui s'en va. C'est un mouvement de pudeur devant l'horreur.

La réforme que vous estimez le plus ?
L'invention du Dimanche.

Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
Le don d'invisibilité pour pouvoir écouter les gens quand ils croient qu'ils sont seuls. C'est là qu'ils sont les plus poétiques ou les plus absurdes.

Comment aimeriez-vous mourir ?
Par mégarde. En oubliant que j'étais vivant.

État présent de votre esprit ?
Mon esprit est actuellement comme un appartement dont on aurait déménagé les meubles, mais où la lumière entrerait de façon très précise par la fenêtre. C'est propre, c'est vide, et on attend que quelqu'un frappe à la porte.

Votre devise ?
"Il ne faut pas s'en faire, mais il faut le faire quand même."

 

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