Quel est pour vous le comble de la misère ?
Devoir vivre sans rimes et sans amis, dans un monde où tout serait utilise.
Où aimeriez-vous vivre ?
A Oloron, sous le cri des martinets entre le Gave qui gronde et la montagne qui se tait.
Votre idéal de bonheur ?
Vivre dans une petite ville du Béarn, avec une rente de 3000 francs, dix mille volumes et le droit de ne jamais répondre au téléphone.
Pour quelles fautes avez-vous le plus d'indulgence ?
Celles qui sont commises par amour de la musique, et les péchés de gourmandise intellectuelle.
Votre musicien favori ?
Gabriel Fauré, pour la fluidité d'une qui qui coule dans jamais se presser, et Claude Debussy, parce qu'il sait mettre du silence entre les notes comme in met du blanc entre les vers.
Votre peintre favori ?
James Whistler, pour ses "Nocturnes", om les formes s'effacent dans le brouillard de Londres et Jean-Antoine Watteau pour l'élégance triste de ses parcs et des ses Gilles.
Votre qualité préférée chez un homme ?
La franchise qui ne blesse pas et cette sorte de courage qui ne s'exhibe pas, une sorte de courage élégant.
Et chez la femme ?
La douceur, mais une douceur qui soit une forme d'intelligence et cette grâce de avoir écouter le silence.
Votre vertu préférée ?
La fantaisie, car c'est la seule politesse que l'on puisse opposer au désespoir."
Votre occupation préférée ?
Ne rien faire, mais avec méthode.
Le principal trait de votre caractère ?
Une mélancolie qui se déguise en calembours.
Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ?
Qu'ils sachent se taire en même temps que moi, et qu'ils ne me demandent jamais de conseils.
Votre principal défaut ?
La paresse.
Quel serait votre plus grand malheur ?
De ne plus savoir s'émerveiller d'un rien.
Ce que vous voudriez être ?
Je voudrais être un passager clandestin sur la navire de ma propre vie.
La couleur que vous préférez ?
Le bleu des montagnes ou le gris des livres.
La fleur que vous aimez ?
La Rose de Malherbe, celle qui ne vit que l'espace d'un matin car elle nous enseigne la politesse de ne pas trop s'attarder.
L'oiseau que vous préférez ?
Le martinet, parce qu'il est une virgule noire dans le ciel d'azur et qu'il semble rimer avec le vent.
Vos auteurs favoris en prose ?
Valery Larbaud, l'homme qui a mis des bibliothèques dans les wagons-lits et Stendhal pour la sècheresse du trait qui cache un incendie.
Vos poètes préférés ?
Jean Moréas qui a redonné à la Muse française sa robe de bure et d'or et Paul-Jean Toulet pour la perfection du coup de dague dans un vers de soie.
Vos héroïnes dans la fiction ?
Don Quichotte pour son refus du réel.
Vos héroïnes dans la vie réelle ?
La femme qui sait écouter un poème sans demander ce qu'il veut dire et celle qui porte son chagrin comme un ombre légère.
Mes héros dans la vie réelle ?
Le postier qui apporte une lettre d'amour et le typographe qui ne fait pas de coquille dans me vers.
Mes héroïnes dans l'histoire ?
Les Princesses lointaines de la légende qui n'ont jamais eu besoin de régner pour être souveraines.
Mes héros dans l'histoire ?
Xénophon, pour le cri Thalassa! et Don Quichotte.
Ce que vous détestez par dessus tout ?
Les gens qui expliquent les poèmes et ceux qui croient que la vérité est une chose sérieuse.
Le fait militaire que vous admirez le plus ?
La retraite des Dix Mille, parce qu'elle s'achève par un cri de joie devant la mer.
La réforme que vous estimez le plus ?
Celle qui supprimerait les frontières entre les peuples et les barrières entre les rimes.
Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
Le don de l'ubiquité, pour pouvoir être à la fois à Paris pour la gloire et à Oloron pour la paix.
Comment aimeriez-vous mourir ?
En plein milieu d'une rime difficile, ou au moment de tourner la page d'un beau livre.
État présent de votre esprit ?
Un désespoir qui a de bonnes manières.
Votre devise ?
Sourire et souffrir.
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